PPE3 : décryptage 2026 2035 – Derrière le vote, les choix énergétiques qui engagent la France.

Publié le 12 février 2026, et attendue depuis près de trois ans, la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) trace la trajectoire énergétique de la France pour 2026-2035. Elle vise une électricité plus souveraine, compétitive et décarbonée, tout en maîtrisant les coûts publics et l’intégration au réseau.

PPE3 : Gouvernance et méthode

La PPE3 est marquée par une large concertation, avec 50 000 participants, 7 500 propositions, plus d’1 million de votes en 2025.

Elle vise également un alignement avec : 

  • La SNBC3 
  • Le Plan national d’adaptation 
  • Les engagements européens

Les objectifs structurants de la PPE3

La PPE3 fixe trois priorités majeures pour la transition énergétique française :

  1. Renforcer la souveraineté énergétique en réduisant la dépendance aux importations et en sécurisant l’approvisionnement.
  2. Atteindre la neutralité carbone d’ici 2050, conformément aux engagements climatiques de la France et de l’Union européenne.
  3. Maintenir des prix de l’énergie compétitifs, tout en garantissant l’accès à l’électricité pour tous les consommateurs.

Pour atteindre ces objectifs, la PPE3 prévoit 650 à 693 TWh d’électricité décarbonée en 2035 (contre 544 TWh en 2025), en s’appuyant sur un mix énergétique diversifié

  • Nucléaire renforcé pour garantir une production stable et pilotable.
  • Hydroélectricité, pour sa flexibilité et sa capacité de stockage.
  • Éolien terrestre et en mer, avec une montée progressive de la puissance installée et des projets de repowering.
  • Solaire photovoltaïque, priorisé dans la stratégie pour sa forte compétitivité et son potentiel de déploiement rapide.
  • Énergies bas carbone non électriques, incluant les réseaux de chaleur, le biométhane, les biocarburants et l’hydrogène, pour compléter le mix et réduire les émissions dans les secteurs difficiles à électrifier.

La PPE3 intègre également une clause de revoyure en 2027 permettant d’ajuster la planification énergétique en fonction de l’évolution réelle de la consommation, des avancées technologiques et de la disponibilité des filières. Cette flexibilité vise à maintenir un équilibre entre sécurité d’approvisionnement, coûts et ambitions climatiques.

Chiffres clés 2035

  • Production électrique décarbonée : 650–693 TWh
  • Photovoltaïque : 55–80 GW (48 GW en 2030, ~30 GW fin 2025)
  • Éolien terrestre : 35–40 GW (31 GW en 2030)
  • Éolien en mer : 15 GW (vers 18 GW en 2037)
  • Hydrogène : jusqu’à 8 GW d’électrolyse en 2035
  • Chaleur renouvelable : 328–421 TWh
  • Biométhane : 47–82 TWh injectés
  • Biocarburants : 70–90 TWh
  • + 120 000 emplois (dont + 38 000 PV, + 28 000 éolien en mer) à horizon 2030
  • Modernisation du réseau (SDDR de RTE) et nouveau mécanisme de capacité dès l’hiver 2026 2027

Solaire photovoltaïque : accélération maîtrisée et priorités d’implantation

La PPE3 reconnaît le rôle central du solaire photovoltaïque, avec un objectif de 48 GW installés d’ici 2030, contre environ 30 GW aujourd’hui. Cela représente un rythme moyen de 3,5 à 4 GW de nouvelles installations par an, un effort soutenu mais maîtrisé, inférieur aux scénarios les plus ambitieux des dernières années.

À l’horizon 2035, la PPE3 retient une fourchette de 55 à 80 GW, traduisant une approche progressive et adaptable. Cette flexibilité marque un tournant : le solaire n’est plus seulement un outil de rattrapage, mais un instrument piloté, dont le développement dépendra de la consommation réelle, de l’état du réseau et des capacités industrielles.

Concrètement, la PPE3 privilégie :

  • Le solaire sur toitures : bâtiments publics, industriels et résidentiels.
  • Les ombrières de parkings, désormais intégrées aux stratégies territoriales.
  • Les centrales au sol, avec un encadrement renforcé de l’usage du foncier.
  • L’agrivoltaïsme, ciblé et développé sous conditions spécifiques.

Le gouvernement met en avant la rapidité de déploiement, la modularité et la baisse continue des coûts du solaire pour accompagner l’électrification des usages, notamment au sein des territoires.

 

Un solaire encadré par les contraintes du système

La PPE3 soutient clairement le solaire, mais fixe aussi des limites. La réduction des objectifs par rapport aux versions préparatoires traduit une priorité : l’équilibre du réseau électrique.

Le caractère intermittent du photovoltaïque implique des investissements parallèles dans :

  • Le raccordement et le renforcement des réseaux,
  • Le stockage d’électricité,
  • Les mécanismes de flexibilité, tels que le pilotage de la demande ou l’effacement.

Ainsi, le solaire est pensé comme un complément stratégique aux moyens pilotables, et non comme un substitut intégral.

🔗Consultez cette page pour en apprendre plus sur les différents formats du solaire photovoltaïque.

Éolien : progression par « repowering » et montée en puissance en mer

L’éolien, terrestre comme maritime, progresse à un rythme plus modéré dans la PPE 3. Le texte acte la poursuite des projets existants et le développement de l’éolien en mer, mais sans accélération majeure. 

Ce choix reflète :

  • Les contraintes d’acceptabilité locale
  • Les délais industriels
  • La volonté de ne pas concentrer l’effort sur une seule technologie intermittente

Pour l’éolien terrestre, la trajectoire retenue prévoit 31 GW de puissance en 2030, et entre 35 et 40 GW en 2035, contre 24 GW en 2025. La priorité est donnée au « repowering », afin d’accroître la production sans multiplier les emprises.

Pour l’éolien en mer, l’objectif est de 15 GW en 2035, puis 18 GW en 2037, avec une logique industrielle européenne conforme aux critères NZIA, et des appels d’offres séquencés sur l’ensemble des façades maritimes.

Si l’éolien reste un pilier du mix renouvelable, il est moins central que le solaire dans la trajectoire retenue, reflétant la prudence de la PPE 3 face aux contraintes techniques et locales.

Nucléaire et hydroélectricité : socle pilotable et flexibilité

La PPE3 relance le nucléaire avec une prolongation ou une optimisation du parc existant. L’objectif est fixé entre 380 et 420 TWh pour 2030, avec la construction de 6 EPR2 (possibilité d’en décider 8 supplémentaires) et le soutien aux technologies innovantes (SMR).

Côté hydraulique, la France vise +2,8 GW de capacités de barrages, dont 1,7 GW de STEP, afin de renforcer la pilotabilité et l’équilibrage du système.

Énergies bas carbone complémentaires : chaleur, biométhane, biocarburants, hydrogène

Pour les usages difficilement électrifiables, la PPE3 mise sur des substituts décarbonés, tels que :

  • La chaleur et le froid renouvelables : 328 à 421 TWh de chaleur et 2,5 à 3 TWh de froid livrés par les réseaux en 2035
  • Le biométhane : entre 47 et 82 TWh injectés
  • Les biocarburants : de 70 à 90 TWh (transport et hors transport)
  • Et l’hydrogène : jusqu’à 8 GW d’électrolyse en 2035

Des mécanismes incitatifs (IRICC et CPB, par exemples) complètent les appels d’offres électricité afin de maîtriser la dépense publique.

Réseau, flexibilité et résilience : intégrer massivement les Energies Renouvelables (EnR)

L’essor des énergies renouvelables (EnR) nécessite une adaptation du système électrique pour garantir flexibilité, fiabilité et résilience :

  • Réforme du pilotage des installations : meilleure gestion des prix négatifs, modulation progressive de la production et optimisation de l’injection dans le réseau.
  • Refonte du mécanisme de capacité, avec un déploiement prévu pour l’hiver 2026-2027, afin d’assurer la disponibilité en période de forte demande.
  • Modernisation du réseau via le SDDR (Schéma Directeur de Développement du Réseau) : débat public 2025–2026, environ 100 Md€ d’investissements sur 15 ans, pour raccorder efficacement les usages et les nouvelles capacités de production décentralisées.

Ces mesures visent à accompagner l’intégration massive des EnR, tout en maintenant la sécurité d’approvisionnement et la stabilité du système électrique.

ZNI : des trajectoires adaptées aux territoires

La PPE3 relance les concertations pour les Zones Non Interconnectées (ZNI), comprenant la Corse et les Outre-mer, afin de proposer des solutions sur-mesure :

  • Définition d’objectifs dédiés pour ces territoires isolés.
  • Maintien de la péréquation tarifaire pour garantir des prix équitables pour les consommateurs.
  • Développement des EnR locales, avec un accent particulier sur le petit photovoltaïque sur bâtiments, permettant d’améliorer l’autonomie énergétique et de réduire la dépendance aux importations d’énergie.

Cette approche territoriale vise à concilier efficacité énergétique, décarbonation et acceptabilité locale.

Finances publiques : une trajectoire maîtrisée

La PPE3 s’inscrit dans une logique de maîtrise des coûts pour l’État tout en soutenant la transition énergétique :

  • Recours massif aux contrats pour différence (CfD) pour limiter l’impact sur les finances publiques et sécuriser les revenus des producteurs.
  • Objectif de diviser par deux les dépenses publiques dédiées aux EnR d’ici 2040 (prix médian), tout en soutenant un déploiement progressif et efficient.
  • Côté nucléaire, l’EPR2 bénéficiera d’un prêt d’État couvrant au moins 50 % des coûts et d’un CfD plafonné à 100 €/MWh, garantissant un soutien financier maîtrisé et une stabilité pour le mix bas carbone.

Ces mesures permettent de combiner ambition climatique, sécurité énergétique et responsabilité budgétaire.

Ce que cela signifie pour les entreprises

La PPE3, initialement prévue pour adoption au 1er juillet 2023, envoie des signaux clairs aux acteurs économiques sur le long terme :
  1. Efficacité énergétique et pilotage des usages : importance de l’optimisation des consommations et de la flexibilité des installations.
  2. Production locale et autoconsommation : encouragement à investir dans le photovoltaïque et les EnR pour réduire la dépendance et maîtriser les coûts.
  3. Flexibilité & stockage : rôle clé des batteries, de l’hydrogène et des solutions de stockage thermique pour accompagner la variabilité des EnR.
Pour les entreprises, cette trajectoire clarifie les priorités et crée de nouvelles opportunités d’investissement dans la transition énergétique, que ce soit en direct ou via des sociétés ESCO qui financent intégralement les projets pour le compte du client, tout en soutenant une planification stratégique durable et rentable.

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  • Électrification des usages, afin de substituer progressivement les énergies fossiles par de l’électricité bas carbone.
  • Solaire décentralisé : autoconsommation solaire ou PPA sur site, permettant aux entreprises de produire et consommer leur propre énergie.
  • Flexibilité énergétique : solutions de stockage d’énergie – BESS et EMS pour gérer les pics de consommation, la flexibilité énergétique et maximiser l’intégration des énergies renouvelables.

Cette approche maximise le ROI énergétique tout en alignant les objectifs RSE et CSRD avec la trajectoire nationale de la PPE3.

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  • Réduire durablement leur impact carbone, contribuant concrètement à la décarbonation du mix énergétique.

FAQ – 3 questions pour comprendre la PPE3

La PPE3 ralentit-elle le développement du solaire ?

La trajectoire solaire est ajustée, mais reste ambitieuse : 48 GW en 2030 et 55 à 80 GW en 2035. L’objectif est de favoriser un déploiement efficace et maîtrisé, compatible avec le réseau et les capacités industrielles, tout en maximisant l’autoconsommation et les PPA.

La clause de revoyure permet d’adapter la planification énergétique aux évolutions réelles : consommation, usages industriels et résidentiels, intégration des nouvelles EnR et disponibilité des filières. Elle garantit une flexibilité stratégique et évite les déséquilibres ou surinvestissements.

L’essor des EnR entraîne des variations de production et parfois des prix négatifs sur le marché. La PPE3 prévoit :

  • Une réforme du pilotage des installations, pour moduler la production et optimiser l’injection sur le réseau.
  • Le SDDR (Schéma Directeur de Développement du Réseau), avec environ 100 Md€ d’investissements sur 15 ans, pour raccorder efficacement les nouvelles capacités et garantir la stabilité du système.

Ces mesures visent à sécuriser le fonctionnement du réseau électrique, à intégrer massivement les EnR et à préserver la compétitivité énergétique des entreprises et des consommateurs.

En résumé

Avec la publication de la PPE3, le gouvernement envoie aux filières des énergies renouvelables (EnR) des signaux à la fois ambitieux et prudents.

Bien qu’aucun moratoire ne soit appliqué, les objectifs pour le solaire photovoltaïque et l’éolien ont été légèrement ajustés à la baisse par rapport aux versions précédentes du texte. 

Pour le solaire, la PPE3 prévoit 48 GW de capacité installée en 2030 (trajectoire R3 du bilan RTE), puis 55 à 80 GW en 2035 (de R2 à au-delà de R3 du bilan RTE), contre 54 GW et 65 à 95 GW dans la version initiale. Cette évolution traduit une volonté de déploiement maîtrisé, compatible avec les contraintes industrielles et le réseau électrique.

En synthèse, la PPE3 marque un tournant majeur de la politique énergétique française, structuré autour de cinq axes principaux :

  • Retour du nucléaire, garant de production pilotable et bas carbone.
  • Électrification massive des usages, pour substituer les énergies fossiles et accélérer la décarbonation.
  • Industrialisation des filières sur le territoire, pour renforcer la souveraineté énergétique et créer des emplois locaux.
  • Planification financière maîtrisée, avec recours ciblé aux contrats pour différence (CfD) et contrôle des investissements publics.
  • Robustesse, flexibilité et résilience du réseau, assurant l’intégration massive des EnR et la stabilité du système électrique.

La PPE3 offre ainsi un cadre clair pour les acteurs publics et privés, favorisant l’innovation, la compétitivité et la transition énergétique durable, tout en répondant aux enjeux économiques, environnementaux et territoriaux de la France pour 2035 et au-delà.

 

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Sources :

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